Julie De Muer – Hopital Métropole https://hopitalmetropole.la27eregion.fr Mon, 20 May 2019 14:00:40 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.4.8 LES COULISSES DE LA BALADE DES POSSIBLES https://hopitalmetropole.la27eregion.fr/les-coulisses-de-la-balade-des-possibles/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=les-coulisses-de-la-balade-des-possibles Wed, 01 Apr 2015 17:21:59 +0000 http://hopitalmetropole.la27eregion.fr/?p=353 Conducteur balade des possibles

2h30 incluant synthèse et debrief final. Marge d’erreur de 30 ‘.

 Intro sur le Parvis-5’

Rappel du contexte de notre intervention et de cette balade. Axe de l’hôpital Ville nature.

Balade des possibles : On va regarder différents types d’espaces extérieurs, on va s’y arrêter pour observer, discuter, proposer/imaginer.

C’est une conversation collective, chacun amène son savoir, son regard puis après son avis. Seule nécessité : s’écouter et laisser la place à chacun quelque soit notre rapport à la parole.

Dans les déplacements on se commentera où l’on est, ce que l’on voit, on va repartager des éléments du contexte (de l’hôpital mais aussi géographique, historique, urbanistique etc.).

Pour imaginer nous proposons un outil. Présentation du cadre/chevalet. Préciser qu’à partir des propositions on pourra sans doute élaborer des prototypes à tester en semaine 3.

Nous avons un timing à respecter. Nous devons donc essayer d’être concis dans notre intervention et de marcher en groupe sans trainer lors des déplacements. On essaie de rester un groupe qui fait une expérience collective, on évite les apartés.

On se fait un très rapide tour de qui on est chacun avant de partir (juste nom et fonction).

Déplacement #1- 3’

Passerelle en attirant l’attention sur sa dimension « corniche »

CADRE #1- 15’ : au bout de la passerelle, à l’arrière des ascenseurs.

Le cadre oriente le regarde et désigne (immobile ou en mouvement) la zone de discussion. Sur ce point elle est très collective, on ne met pas de parole en avant.

Lecture de paysage collective : que voit-on ?

-Que voit-on en termes de paysages ?

– Que repère t-on dans l’environnement plus proche qui résonneraient avec les types d’espaces dont on a parlé dans l’intro (délaissés de possibles, trames vertes, jardins d’activités, cheminements) ?

– Que mettrait-on sur une table d’orientation ici ?

Si nous nous sentons trop à l’étroit dans cet espace (propice au regard et la table d’orientation mais peut-être un peu exigu pour un groupe), on ira faire le dessin de l’autre côté des ascenseurs.

Déplacement #2- 10’

On tourne en escargot sur la terrasse du parking

On repère la situation côté massif, on nomme les quartiers et les types d’histoires d’urbanisation dans ce quartier terroir .

On observe les choix qui ont été fait à partir de l’usage purement fonctionnel du parking, on repère qu’on aurait pu faire d’autres choix

On se rend compte par le haut des différentes natures d’espaces extérieurs présents dans l’hôpital.

On reprend la passerelle en sens inverse, on observe « l’arrivée » .

On descend vers le pavillon Mere enfants, on observe à distance le petit jardin d’attente qu’on va aller visiter.

Escalier du pavillon et on va poser le cadre dans le balcon/fumoir un peu caché sur la gauche.

CADRE #2 – 5’: Balcon fumoir

Le cadre nous invite à observer l’aménagement de cet espace, on fait dos à la vue.

Il existe, quelles idées nous viennent pour le rendre un peu plus agréable et attractif… ?

Déplacement #3- 2’

On traverse le petit jardin aménagé que l’on observe. On découvre derrière les barrières ce qui faut l’accès avant de ce côté de Mistral et un potentiel. On y va…

CADRE #3- 10’ : sous l’arbre dans le jardin en friche

Quels usages pour ce délaissé, quel tuilage avec le jardin d’activités ?

Déplacement #4-10’ 

On descend par le bel escalier ancien et on rejoint la descente vers la sortie. On sort quelques mètres pour constater les strates historiques des cheminements qui se recouvrent les uns les autres. On propose d’expérimenter maintenant ce qui était avant le cheminement principal aujourd’hui quasi invisible. On rentre en immersion dans la « zone prestige ». On se rend compte qu’elle est vraiment très belle, avec un joli parc en cercle et maintenant très peu visible (cheminement qu’on vient de faire pour descendre plus passerelle parking qui « efface »).

CADRE #4-15’ « Le parc »

On se met au centre de la zone et propose de la nommer « Parc », et de réfléchir à comment lui donner toutes les chances d’un usage parc (aujourd’hui sous usage alors que tout est là).

5 minutes exploration du parc pour observer et réfléchir à des propositions.

On fait émerger la question de la liaison à l’escalier et au projet de Kiosque.

Déplacement #5-15’

Traversée des « coulisses » pour liaison avec pavillon Etoile : Prison, magasins techniques, chambre funéraire. Expérience du contraste très fort entre « le parc » et cette zone du coup à coup et pas non plus convivialisée par une forme de nature sauvageonne.

CADRE#5- Jardin thérapeutique- 10’

Après une présentation du projet (Laffont) on propose avec le cadre de se concentrer sur la question de l’usage de ce jardin comme cheminement (ce qu’il relie, jusqu’où nous coupe t-il de la voiture…, question de la sécurité et de la fermeture de l’hopital)

Déplacement #6- 10’

On longe le reste de vieilles maisons de fonction et on rejoint la zone sud en pinède.

CADRE-DÉPLACEMENT #7- La pinède et la prairie- 10’

Nous allons cheminer dans un sentier qui n’existe pas mais qui pourrait facilement exister. C’est un cadre mais il est en mouvement. On se pose la question de progressivement via ces différents types d’espaces traversés constituer une continuité de cheminement vert qui pourrait susciter d’autres usages (lutter contre la voiture par l’installation d’autres usages) type parcours de santé, sentier botanique…

On débouche en bas de la crèche, on constate qu’il y a un parking jamais plein parce que trop loin et trop bas dans la pente, que peut-être ce terrain devrait accueillir autre chose.

Déplacement #8- 10’

On longe la crèche, on découvre de nouveau un superbe espace vert méconnu, on peut aborder la question des enfants, de l’adaptation dans cette zone d’agrès sportifs pour les enfants, de jardins partagers… (a priori pas de cadre mais peut-être que si, en fonction du temps).

Synthèse finale/Debrief- 20’

On retourne au parc/prestige là où il y a des bancs. Synthèse et retour d’expériences.

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Rapport d’étonnement du lundi 23 mars – Julie de Muer https://hopitalmetropole.la27eregion.fr/rapport-detonnement-du-lundi-23-mars-julie-de-muer/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=rapport-detonnement-du-lundi-23-mars-julie-de-muer Tue, 24 Mar 2015 15:01:41 +0000 http://hopitalmetropole.la27eregion.fr/?p=307 Retrouvailles avec l’hôpital. La journée commence bien, je trouve une place tout de suite, près de la « zone prestige », ce qui tombe bien car nous trimballons avec nous notre petit atelier ambulant.

Je ne peux m’empêcher de jeter un regard sur la nature printanière. A Marseille la végétation du printemps est urbaine et exhubérante. C’est le moment où les bords de routes et terrains vagues colorent la ville en rouge (coquelicots) et jaune (pissenlits), où le chaos et les zones deviennent nappes et douceurs chatoyantes. Je m’approche d’un coin d’herbes sauvages à quelques mètres des voitures : asperges sauvages, blettes, poireaux, la colline se transforme en garde manger, la journée commence très bien…

Nous entrons dans le Pavillon Mistral, dans le hall pour la première fois je vois le local de l’ancien ERI ouvert, Gaétan et Zofia nous y attendent avec les prototypes imaginés suite à la première semaine d’immersion. Nous avons donc un espace permanent directement ouvert sur le hall. La journée se commence très très très bien, c’est louche. En fait elle avait plutôt mal commencé avec les résultats désespérants des élections départementales. Vous allez me dire que ce n’est pas le sujet, mais si, car il s’agit là tout de même de services publics, de vivre ensemble, de connexions entre des échelles, des gens, des fonctions. La France a mal à son hospitalité, elle ne s’accueille plus elle-même.

On déballe, on installe, on s‘étale.

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Les agents de l’accueil arrivent pour une petite présentation du test de la banquette mobile de lecture. Nous leur expliquons le principe, partageons les questions, proposons une participation. Et là je m’étonne du bon accueil, à fois simple, presque évident, et vif (les idées fusent…). Ce sont des personnes présentes, pensantes, quand derrière les vitres elles semblent être avant tout une fonction et une catégorie.

Bien plus tard dans la journée se reposera à propos de la signalétique la question de la présence humaine dans l’accueil et l’orientation. Remettre du geste, renverser les rôles pour aller vers… La vitre, le box sont défendus, désirés car ils correspondent à l’idée de la sécurité. Quand le corps et la rencontre réapparaissent que se passe t-il, que ce passerait-il ? Pouvons-nous allez jusqu’à proposer ce genre d’expérience : pour une journée sortir du box et venir accueillir dans l’espace ouvert ? Devenir « orienteur » ? Hôpital Mode d’Emploi sera le nouveau nom de code de ce futur prototype.

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Mais là il est encore midi.

Quelques minutes pour rencontre l’aumônier bouddhiste, par ailleurs chirurgien. Un praticien du corps « technique » qui accompagne le corps spirituel, depuis que je connais son existence je suis intriguée par cet homme là. Un peu intimidée je lui parle de l’idée d’un hôpital envisagé comme un lieu culturel, un lieu relié à son environnement, à son histoire, aux histoires de ceux qu’il accueille et de ceux qui l’anime. Nous parlons de la place de l’expression et de l’émotion dans le soin, de la nécessité de leur laisser une place dans ce grand corpus technique qui semble parfois ne plus savoir quoi faire des corps et des âmes en dehors des espaces et temps où il les « répare ».

Nous nous redonnons rendez-vous pour le jeudi.

Je rejoins Gaétan à la bibliothèque qui explique la banquette de lecture mobile que nous allons tester cette semaine. Seule pratique culturelle proposée au sein de l’hôpital, elle est ouverte 2 jours par semaine et une vingtaine de bénévoles irriguent à coup de chariots roulants les services de livres et de magazines. L’ambiance est bonne, toutes les 3 minutes quelqu’un apparaît l’air de bonne humeur principalement pour rendre les livres empruntés par les patients. Petite discussion qui souvent comprend « oh mais moi non, je ne lis pas tu sais ».

Plus tard je comprendrai que la bénévole avec qui je discute propose systématiquement au personnel soignant de prendre un livre, à la fois pour inciter la personne mais aussi pour inciter la fonction. Il semblerait qu’on ne lit plus beaucoup dans le corps soignant et que c’est embêtant. C’est embêtant bien sur car ça entérine les discours sur la perte des lecteurs mais là c’est vraiment embêtant pour une bibliothèque d’hôpital parce qu’ils sont les premiers prescripteurs, les premiers à pouvoir encourager un patient qui s’ennuie et qui déprime à s’aider par la lecture. Comment trouver des points de rencontres et d’échanges avec les médecins ? Où poser la question de la pratique culturelle comme pouvant faire partie du soin ? Ca cogite à la bibliothèque…

Un couple arrive avec trois sacs bourrés de livres comme neufs. L’un d’entre eux a été patient, ils viennent donner de la lecture. Il paraît que tous les jours des gens viennent ainsi apporter des livres. La position de la bibliothèque semble néanmoins fragile. Une ouverture assez faible au regard du besoin et de l’appétance des patients lecteurs, un développement sans moyen et sans espace qui fait que d’une mission de médiathèque elle se limite encore au papier et n’a même pas pu mettre en ligne son catalogue et son service de réservation en ligne. Mais c’est un endroit joyeux et si il y a quelque chose qu’on ressent souvent à l’Hôpital nord en ce baladant chez les uns et chez les autres, c’est une forme de jovialité, presque de la joie, et ça c’est une belle émotion dans un hôpital…

 

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